Mercredi 10 décembre 2008 3 10 /12 /2008 17:19


Le mot nation vient du latin nascio ou natio qui signifie naître, et le terme latin nation désignait les petits d'une même portée et a signifié aussi groupe humain de la même origine. 
Cette notion renvoie donc à l'identité supposée d'un groupe homogène qui prédétermine les individus qui composent ce groupe. Personne n'aura librement consenti de faire partie du groupe, et personne ne pourra s'y soustraire.

La volonté des mouvements de libération nationale est d'obtenir la création d'un Etat pour la population qu'ils identifient comme LEUR nation. Le but de tels mouvements est donc de rompre avec le pourvoir en place, pour lui en substituer un autre, ajusté aux "particularités nationales".
Mais l'histoire nous montre, en particulier en Europe, que l'idée de nation a servi les intérêts des Etats. Pas besoin d'être pacifiste pour admettre que les prolétaires d'Europe se sont opposés pour leur Nation, mourrant pour leurs Etats ... De la construction artificielle de la France de François Premier au projet de la Gran' Colombie des Etats Bolivariens, le but est d'assoir le pouvoir de l'Etat contre les individus, en les rassemblant à leur dépend sous telle ou telle bannière nationale. La nation n'est pas une unité de lieu, c'est une unité culturelle, historique, philosophique, religieuse. C'est un facteur de différenciation au sein de l'humanité, en même temps qu'une arme contre la liberté d'association. Elle ne répond pas à des préoccupations pratiques de libération du Peuple sur un espace donné, elle ne permet pas de réinventer le vivre-ensemble au présent de manière démocratique. Elle devient une fin, un outil de pouvoir, une entrave à la liberté.

L'espace commun est à gérer ensemble, en laissant aux individus concernés le soin de définir eux-mêmes les moyens à mettre en oeuvre, localement, les structures démocratiques à créer, pour combler leurs besoins. Mais les besoins réels sont fonction des contraintes réelles, des contraintes économiques, géographiques, naturelles ; pas patriotiques ou ethniques.

Nous ne voulons pas plus de Nation que d'Etat entre l'Homme et la communauté Humaine, l'identité nationale est un moyen de nous détourner de la Révolution sociale. 
Par Ken - Publié dans : cerbo
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mardi 9 décembre 2008 2 09 /12 /2008 23:32

vivre libre ....

 

 

Extrait de l'Anarchie, sa philosohie, son idéal, de Pierre Kropotkine (texte de 1896) :

 

"L’essence même du système économique actuel est que l’ouvrier ne pourra jamais jouir du bien-être qu’il aura produit, et que le nombre de ceux qui vivent à ses dépens ira toujours en augmentant. Plus un pays est avancé en industrie, plus ce nombre est grand. Forcément encore, l’industrie est dirigée, et devra être dirigée, non pas vers ce qui manque pour satisfaire aux besoins de tous, mais vers ce qui, à un moment donné, rapporte les plus gros bénéfices, temporaires à quelques-uns. De toute nécessité, l’abondance des uns sera basée sur la pauvreté des autres, et le malaise du grand nombre devra être maintenu à tout prix, afin qu’il y ait des bras qui se vendent pour une partie seulement de ce qu’ils sont capables de produire ; sans cela, point d’accumulation privée du capital !

Ces traits caractéristiques de notre système économique en font l’essence même. Sans eux, il ne peut exister, car, qui donc vendrait sa force de travail pour moins que ce qu’elle est capable de donner, s’il n’y était forcé par la menace de la faim ? Et ces traits essentiels du système en sont aussi la plus écrasante condamnation.



Tant que l’Angleterre et la France furent les pionniers de l’industrie, au sein des nations arriérées dans le développement technique, et tant qu’elles purent vendre à leurs voisins leurs laines, leurs cotonnades et leurs soies, leur fer et leurs machines, ainsi que toute une série d’objets de luxe, à des prix qui leur permettaient de s’enrichir aux dépens de leur clientèle, - le travailleur pouvait être maintenu dans l’espoir que lui aussi serait appelé à s’approprier une part de plus en plus large du butin. Mais ces conditions disparaissent. Les nations arriérées il y a trente ans sont devenues à leur tour de grands producteurs de cotonnades, de laines, de soies, de machines et d’objets de luxe.

Dans certaines branches de l’industrie elles ont pris les devants et, sans parler du commerce lointain, où elles combattent leurs sueurs aînées, elles viennent déjà leur faire concurrence sur leurs propres marchés. En peu d’années, l’Allemagne, la Suisse, l’Italie, les Etats-Unis, la Russie et le Japon, sont devenus des pays de grande industrie. Le Mexique, les Indes, voire même la Serbie, emboîtent le pas et que sera-ce quand le Chinois commencera à imiter le Japonais en fabriquant aussi pour le marché universel ?

Il en résulte que les crises industrielles dont la fréquence et la durée vont en augmentant sont passées dans maintes industries à l’état chronique. De même, la guerre pour les marchés en Orient et en Afrique est depuis plusieurs années à l’ordre du jour : voilà vingt-cinq années déjà que l’épée de la guerre européenne est suspendue sur les États européens. Et si cette guerre n’a pas encore éclaté, c’est surtout, peut-être, parce que la grosse finance trouve avantageux que les États s’endettent toujours de plus en plus. Mais le jour où la haute banque trouvera son compte à ce que la guerre éclate, les troupeaux humains seront lancés contre d’autres troupeaux et s’entretueront pour arranger les affaires des maîtres financiers de l’univers.

Tout s’enchaîne, tout se tient dans le système économique actuel, et tout concourt à rendre inévitable la chute du système industriel et marchand, sous lequel nous vivons. Sa durée n’est plus qu’une question de temps, que l’on peut chiffrer déjà par années et non plus par siècles. Une affaire de temps - et d’énergie d’attaque de notre part ! Les paresseux ne font pas l’histoire : ils la subissent !




C’est pourquoi des minorités si puissantes se constituent au sein de toutes les nations civilisées, et demandent à hauts cris le retour à la communauté de toutes les richesses accumulées par le travail des générations précédentes. La communalisation du sol, des mines, des usines, des maisons habitées et des moyens de transport est déjà le mot d’ordre de ces fractions imposantes, et la répression - cette arme favorite des riches et des puissants - ne peut plus rien pour arrêter la marche triomphale des esprits révoltés. Et si des millions de travailleurs ne se mettent pas encore en branle pour arracher de vive force le sol et l’usine aux accapareurs, - soyez sûrs que ce n’est pas faute d’en avoir envie. Ils attendent seulement, pour le faire, des événements propices - un moment comme celui qui se présenta en 1848, où ils pourront se lancer dans la démolition du régime actuel, avec l’espoir d’être soutenus par un mouvement international."
Par Ken - Publié dans : pugno
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés